Corrigé du commentaire de documents

Ce qui ressort le plus, sauf chez Djanirha et Alexy, c’est ce que vous ne décrivez pas assez vos exemples.  Je vous livre le corrigé qui nous a été fourni en juin dernier.

  1. I.                   L’Art Nouveau exploite les qualités de l’artisan :
    1. A.     Volonté d’abolir la distinction entre les arts dits mineurs et majeurs :

_ texte de Morris, document 1.

_ création d’écoles d’arts appliqués : Boulle, 1891.

  1. B.     Désir de maîtriser les matériaux :

_ Le verre : le vitrail ; apparition du verre américain, brevet du « favrile glass », verre irisé inspiré de l’antique : reflets métalliques, moirés. Succès de la maison Tiffany, Grand Prix de l’Exposition Universelle de 1900. Doc 3. Le vitrail devient un tableau qui rejoint le genre du paysage.

_ La céramique : le grès, la porcelaine, la faïence et la terre cuite sont très présentes. La céramique était alors considérée comme une branche de l’art industriel. Alexandre Bigot, céramiste réputé pour ses grès flambés,  reçut des commandes de nombreux architectes : Hector Guimartd, Jules Lavirotte…

_ Les mosaïques : pavement dans les entrées des maisons dessinées par Victor Horta ou Hector Guimard, bancs et plafonds de Gaudi.

  1. C.     Désir de maîtriser les techniques :

_ Portrait de Gallé. Doc.2 : le maître est en train d’expérimenter des réactions chimiques, des oxydes métalliques sur verre peut-être. L’atelier tient du laboratoire ; présence de la nature et goût pour la botanique.

_ Travail de la porcelaine : Guimard, Vase des Binelles, porcelaine dure recouverte de cristallisations. La pâte coquille d’œuf translucide.

Ce nouveau procédé décoratif a été l’objet d’une intense compétition entre les Manufactures de Sèvres et de Copenhague. En effet, le premier pas fut l’œuvre des chimistes français qui en 1888 le considèrent comme une défaite due à la présence d’oxyde de zinc. A Copenhague, les céramistes s’en emparent pour exploiter le caractère aléatoire et ornemental de ces cristaux scintillants. La mode se répand rapidement dans la plupart des manufactures européennes.

  1. II.                Avec l’Art Nouveau, l’artisanat est au cœur d’un art total :
    1. A.     Un art d’intérieur, dans la maison :

_ Le piano La Mort du cygne. Doc.5.

_ La notion d’ensemble peut aller jusqu’aux accessoires de beauté posés sur une coiffeuse : nécessaire de coiffure en argent massif (musée Art Nouveau de Pierre Cardin). C’est un cadeau d’un admirateur américain à l’actrice Sarah Barnhardt lors d’une des 5 tournées qu’elle effectua aux Etats-Unis. Composé d’un miroir à main, de différentes brosses à cheveux, à vêtements et de petites boîtes, il est orné d’un décor d’églantines.

_ Eugène Vallin, salle à manger Masson, en collaboration avec Victor Prouvé, 1903-1906, Musée de l’Ecole de Nancy. On retrouve de l’acajou blond, du cuir repoussé, peint et doré, du verre soufflé et moulé, du bronze, pour le lustre, de la peinture sur toile.

  1. B.     Un art d’extérieur, un art de la rue :

_ Travail de la façade à Vienne : O.Wagner. Doc.4. Travail de la dorure et de la ferronnerie… La façade est une œuvre offerte au passant. Un art de tous les arts.

_ La librairie : Morris fonde une maison d’édition en 1890 ; on observe un renouveau de la reliure. Cf. Camille Martin, reliure pour l’Estampe originale de 1894 : maroquin qui associe la mosaïque et la technique nouvelle de la pyrogravure.

_ Le spectacle : les affiches de Mucha pour le théâtre ; Toulouse-Lautrec pour le cabaret.

_ La peinture : travail de l’or dans les tableaux de Klimt : Pallas Athéna, 1898 : dorure comme peinture ; le cadre est ouvragé comme la toile elle-même, il fait partie du tableau ; l’écriture s’expose aussi.

_ La bijouterie : la Libellule de Lalique. Une inspiration tirée de la nature, associée à une maîtrise des techniques offrent un objet qui n’est plus une libellule mais un insecte fantastique inquiétant qui révèle une image ambigüe de la femme, et que l’on expose dans la vitrine de la fondation Gulbenkian.

  1. III.             L’artisanat remet l’art au centre de la vie quotidienne :
    1. A.     Un art qui exploite la modernité technologique :

_ L’électricité : Daum/Majorelle, Lampe pissenlit, vers 1902, fer forgé et verre gravé, musée de l’Ecole de Nancy. A partir de 1880, les frères Daum collaborent avec Majorelle. Les Daum fabriquent des abat-jour opalescents qui sont associés aux élégants et sinueux pieds de lampe de Majorelle à l’intérieur desquels on cache un câble électrique. Ces lampes ont été produites de manière considérable, diffusées grâce à des catalogues et faites pour être utilisées avec des ampoules de 7 à 10 watts. Ce sont donc des lumières d’ambiance permettant d’illuminer des objets d’art.

  1. B.     Un art pour tous :

_ Une utopie sociale ; retrouver une harmonie entre organisation sociale et processus de production. Création du Deutscher Werkbund, Munich, 1907.

  1. C.     Un art pour tous les instants :

_ Le service à café : F. Adler, Munich, 1900, étain. Van de Velde, service en porcelaine, Meissen, 1905.

  1. D.     Un art qui sublime le quotidien :

_ Recherche des origines, des secrets de la nature : dans le tableau de Prouvé, le fond représente l’inspiration de l’artiste et la relation entre son esprit, son regard et son geste.

_ Recherche de l’osmose avec la nature : la lumière apprivoisée par le verre, la fleur apprivoisée par la danse, Loïe Fuller ; un thème qui se retrouve dans de nombreuses œuvres musicales ( cf. Préludes de Debussy) et dans la décoration du piano de Majorelle.

_ Un art qui s’exprime dans l’épure des formes et peut atteindre une forme du sublime, associée au quotidien : chaise dite « Willow » (saule) de Mackintosh, hall de réception de la salle de thé Willow à Glasgow. Le design de l’arrière du dossier montre un saule pleureur. La chaise était utilisée par le superviseur du salon de thé qui prenait les commandes, elle pourrait se confondre avec un meuble liturgique…

 

Corrigé de la dissertation

  1. I.                   L’Art Nouveau est novateur :
    1. A.     Dans ses conceptions :
    2. B.     Dans les matériaux et techniques utilisés :
    3. C.     Dans ce qui est représenté/créé :
  2. II.                Cependant, il va chercher son inspiration dans les traditions :
    1. A.     Dans ses conceptions :
    2. B.     Dans les techniques utilisées :
    3. C.     Dans ce qui est représenté :
  1. Pas de distinction entre arts mineurs et arts majeurs,
  2. Socialisme et art pour tous,
  3. Art total,
  4. La maison comme lieu du confort et de la détente…
  1. Matériaux : le béton, les très grandes surfaces vitrées…
  2. Techniques : pensez à tous les nouveaux brevets, notamment pour le verre ou l’utilisation de l’électricité… Pensez également à l’art de l’affiche et aux illustrations.
  1. L’asymétrie et la gratuité de l’ornement pour certains bâtiments,
  2. Le début du design dans le mobilier et les meubles multi-fonctions,
  3. La femme fatale sous toutes ses formes et le bestiaire sombre,
  4. Une nouvelle manière de styliser la nature, plus souple souvent  inspirée par le Japonisme (courant récent).
  1. Volonté d’un retour aux « guildes » médiévales,
  2. Retour au « poly-artiste » comme à la Renaissance.
  1. La tapisserie,
  2. Le vitrail,
  3. La céramique,
  4. Les sgraffites…
  1. Références à l’époque médiévale en architecture,
  2. Référence au  style Louis XV, notamment dans le mobilier de Majorelle,
  3. Référence à l’art byzantin dans les toiles de Klimt…